


GIROLAMO FRESCOBALDI
Il regno d’Amore
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CLEMATIS
Mariana Flores, soprano
Leonardo García-Alarcón, direction
2010
Ricercar / Outhere
RIC 300
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Si Frescobaldi est surtout connu pour son oeuvre de clavier et son activité d’organiste de la Basilique Saint-Pierre de Rome, une partie de ses compositions est aussi liée à ses relations avec Florence et le Grand-Duc de Toscane.
C’est dans la ville qui a vu naître la monodie accompagné que Frescobaldi publie ses deux recueils d’Arie musicali.
Ceux-ci nous permettent de découvrir qu’il possédait aussi la maîtrise du sens dramatique et théâtral qui aurait pu faire de lui un compositeur d’opéras.
Les Canzone instrumentales apparaissent ici comme de subtils contrepoints aux pièces vocales.
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AVIS DE LA PRESSE
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Passée des Arts (19 avril 2010)
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« L’interprétation de l’Ensemble Clematis (photo ci-contre) rend parfaitement justice à la veine sensuelle, dans l’ensemble plutôt lumineuse, des œuvres choisies dans le cadre de cette anthologie. Familiers de cette musique, les musiciens savent d’emblée en exalter les couleurs et, en adoptant des tempos savamment dosés qui ne confondent pas vivacité et frénésie, mettre en valeur les épices (chromatismes, retards, effets d’écho, etc.) que Frescobaldi a semées ici et là, lesquelles jouent ici pleinement le rôle de surprise voulu par le compositeur et qu’une vision moins équilibrée aurait immanquablement aplanie.
S’appuyant sur un continuo impeccablement réalisé, où les timbres chatoyants déployés, au théorbe ainsi qu’à la guitare, par Quito Garo et par Marie Bournisien à la harpe, ne sont pas sans rappeler L’Arpeggiata de la belle époque, celle où cet ensemble enregistrait pour Alpha, les solistes instrumentaux peuvent laisser s’exprimer la vaste palette de leurs charmes.
La basse de viole experte d’Andrea De Carlo moire d’une parure tendre ou nostalgique les pièces les plus graves, le violon de Stéphanie de Failly, aussi sensible que superbement maîtrisé, se rit des pièges des partitions et brille sans jamais oublier d’être, comme une voix aux troublantes inflexions, le vecteur d’émotions contrastées ; la Canzona la Nicolina, aux humeurs changeantes, en apporte une magnifique preuve.
La voix épicée et charnelle de Mariana Flores est, elle aussi, un régal. La diction naturelle et sans aucune affèterie de la soprano permet de saisir les moindres inflexions des textes – on ne redira jamais assez à quel point cette lisibilité est essentielle dans l’interprétation de la musique baroque –, cette qualité étant mise au service d’une véritable incarnation de chacune des Arie.
L’auditeur se laisse gagner par l’atmosphère arcadienne de Se l’aura spira, par la joie contagieuse de Gioite o selve, par la désolation d’autant plus poignante qu’elle retient ses larmes de Ti lascio anima mea, à mon avis un des sommets du disque, qui laisse loin derrière toutes les versions que j’ai pu entendre, y compris, excusez du peu, celle de Rinaldo Alessandrini (Opus 111, 1994, avec voix de ténor) ; ces quatre minutes au souffle suspendu justifieraient à elles seules l’acquisition du disque. Il faut également saluer, pour finir, la direction très engagée de Leonardo García-Alarcón, qui, des claviers, mène son monde avec un sens très sûr de ce répertoire, opérant une magnifique synthèse entre allant rythmique et sensibilité frémissante.
Le regard qu’il porte sur Frescobaldi est, à mon sens, très équilibré et cohérent ; c’est sans doute pour ceci que tout, dans cette anthologie, sonne particulièrement juste. » (Jean-Christophe Pucek)
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Klassic.com
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Das Ensemble Clematis – jeweils einfach besetzt mit Stéphanie de Failly an der Violine, Andrea De Carlo an der Bassviole, Maria Bournisien an der Harfe, Quito Gato an Theorbe und Gitarre sowie Leonardo García-Alarcón auf Cembalo oder Orgel – spielt erstaunlich klangsatt und lotet die Möglichkeiten der schmalen, aber sehr farbig registrierten Besetzung voll aus. In jeder Arie, jeder Canzone oder Toccata werden gemeinsam empfundene Klangsphären geschaffen. Grundlage ist eine agile und zupackende Artikulation – die Violinistin Stéphanie de Failly ist hier besonders hervorzuheben.
Und Leonardo García-Alarcón steuert das musikalische Geschehen auf subtile Weise durch sein variantenreiches Tastenspiel. Interpretatorische Glanzlichter steuert Mariana Flores mit ihrem beweglichen, klangfrischen Sopran bei. Sie singt auf eine wunderbar individuelle Art expressiv, intoniert stark und präsentiert ihre modulationsfähige Stimme mit einem lebendigen, farbenreichen Timbre in für sie denkbar geeignetem Repertoire.
Technische Ambition und leichter Klang gehen bei Flores eine wundervolle Symbiose ein. Das alles vollzieht sich in frischen Tempi, mit denen García-Alarcón und seine Mitstreiter feine Akzente setzen und sehr fließende, natürliche Übergänge zwischen einzelnen kompositorischen Abschnitten gestalten.
Der Klang ist warm und rund, überzeugt durch ein ausgewogenes Verhältnis von vokalen und instrumentalen Anteilen. Zugleich werden auch die rein instrumentalen Sätze sehr plastisch abgebildet. (Matthias Lange)

