


Bach – Boehm
Music for weddings and other festivities
​
CLEMATIS
Mariana Flores, soprano
Paulin Bündgen & Steve Dugardin, countertenors
Fernando Guimarães, tenor
Christian Immler & Philippe Favette, bass
Leonardo García-Alarcón, direction
2012
Ricercar / Outhere
RIC 323
​
Du texte du Cantique des Cantiques sont issues deux cantates de ce programme.
Celle de Georg Böhm est destinée à l’église, tandis que celle de Johann Christoph Bach fut pensée pour une fête de mariage. La cantate BWV 196 de J.S. Bach est destinée à un office de mariage. Plus surprenant est le Quodlibet : son texte est un salmigondis de phrases, de mots ou d’idées incohérentes qui sont aussi proches du grivois que du trivial.
​
​
​

AVIS DE LA PRESSE
​
Diapason
Diapason d’Or
​
C’est un disque que nous aurons plus aimé à chaque écoute - mais aimé dès la première. Rien n'y affiche le génie, le renouveau, le perfectionnisme : Leonardo Garcia Alarcon, chef charmeur, mise plutôt sur le plaisir convivial de jouer une musique dont son équipe a assimilé le moindre détail et dont la subtilité s'épanouit sans manières. Les quatre chanteurs font de la cantate ciselée par Böhm (1661-1733) sur un extrait du Cantique des cantiques un pur délice. Belle idée du compositeur, débuter chaque section par le mêmes mots, mais sous un éclairage différent : « Mein Freund ist mein und ich bin sein», mon ami est mien et je suis sienne. Soit une vaste litanie amoureuse.
On retrouve ces paroles au milieu du chef-d'oeuvre de Johann Christoph Bach ( 164 2-1703), enfin reconnu et régulièrement enregistré. La musique s'ouvre sur une exclamation attendrie de la basse ( « Que tu es belle, ô ma compagne ! Détourne tes yeux car ils me rendent fou ») à laquelle répond la fiancée, et culminera dans la vaste chaconne « Mein Freund ist mein ... ». Impossible d'oublier le violon de Reinhard Goebel (Archiv) dans le solo qu'il portait à des paroxysmes inouïs ( « car je suis malade d'amour»).
Mais Stéphanie de Failly ( violon) et Mariana Flores ne nous le font pas regretter tant elles s'en écartent; l'accumulation ornementale et les répétitions incessantes de la basse ne sont plus les manifestations d'une quête obsessionnelle mais la douce errance d'une rêverie. La soprano argentine - madame Garcia Alarcon à la ville - est décidément l'une des plus attachantes de notre petit monde baroque. Comme cela coule de source ! , et jamais à la surface des mots.
L’émulation vive du dialogue illumine la BWV 196, cantate du jeune Bach pour un mariage. Cantus Cölln (HM) n'était pas moins intéressant ici ... mais moins souple assurément. Le programme se termine par l'une des pages les plus curieuses de Bach: le Quodlibet BWV 524, plaisanterie pour quatre voix sur un texte proliférant du coq à l'âne, gourmand d'énumérations et de joyeuses grossièretés. L’oeuvre est assez longue, et l'humour rarement discogénique : mais avec de l'esprit et du métier, Garcia Alarcon et les siens lui rendent enfin justice. (Gaëtan Naulleau)
​
​
​
​
Classica
4 Etoiles
​
L'inventif Argentin Leonardo Garcia Alarc6n et son Ensemble Clematis proposent des lectures passionnantes du Canticum Canticorum, inclinant tantôt vers la vision mystique de Georg Bôhm (1661-1733), avec ses répétitions obsessionnelles), ou cédant au contraire aux humeurs sans apprêts de Johann Sebastian lui-même, parfait exemple de musique nuptiale et domestique dans la tradition ludique du Quodlibet, cultivée de longue date par la famille Bach. Il est question d'hyménée dans la cantate BWV 196 que Johann Sebastian Bach, alors en poste à Mühlhausen, écrivit pour un ami pasteur au printemps 1708. L'oeuvre, nous est parvenue dans un état fragmentaire. Pour autant, l'air dévolu au soprano nous tient sous le charme singulier
de sa mélodie en la mineur, premier exemple d'aria da capo chez le Cantor. Reste que la vraie révélation nous vient de Johann Christoph Bach (1642-1703), assurément le plus grand musicien de la famille avant l'entrée en scène de son illustre cadet.
Sa cantate Meine Freundin, du bist schon, oeuvre de réjouissance qu'il composa sans doute pour son propre mariage en 1679, est un très habile « montage » sur des extraits du Cantique des Cantiques, avec des sous-entendus et des non-dits destinés en priorité aux proches. Mais Je meilleur tient dans l'admirable chaconne qui, par ses dissonances hardies et ses redites hypnotiquc.s, visualise si justement l'émoi de la fiancée« malade d'amour», avant un Deo gratias conclusif bien concret, les chanteurs y louant le boire et le manger comme un don de Dieu, selon les recommandations de Luther en personne ! Une musique inspirée touche ici le coeur et l'ouïe, par la grâce d'une relecture où brillent les musiciens superbement préparés par Alarc6n, chef et claveciniste ailé. (Roger Tellart)
​
​
​
​
​
SCHERZO (17 septembre 2012)
​
Posiblemente, el más profundo compositor de la familia Bach anterior a Johann Sebastian sea su tío Johann Christoph, quien para su boda celebrada en 1679, y con el apoyo de su hermano Ambrosius (padre de Juan Sebastián), compuso una maravillosa cantata nupcial, Meine freudin, du bist schön, que mira sin duda al Cantar de los Cantares e incluye una deliciosa y sensual chacona que canta la soprano (aquí una exquisita Mariana Flores) con un violín obligado (espléndida Stéphanie de Failly) en el acompañamiento. Una joya absoluta.
De Johann Sebastian el CD incluye el mutilado Quodlibet BWV 524, obra epitalámica de juventud, cargada de sentido del humor, buen ejemplo de lo que podía surgir de aquellas reuniones anuales de los Bach, y la Cantata nupcial BWV 196, de la misma época. El disco se abre con otra cantata de boda, esta debida a Georg Böhm, quien seguramente fuera maestro de un Sebastian de 15 años en Lüneburg, una obra simbólicamente inspirada también en el ero-tismo, convenientemente mistificado, del Cantar de los Cantares. El director argentino ofrece interpretaciones de solistas, transparentes en el contra-punto, pero decididamente volcadas hacia los aspectos más teatrales de la retórica barroca. (Pablo J. Vayon)
​
​
​
​
​
Pizzicato (Septembre 2012)
​
« Quelques chanteurs et musiciens d'origine argentine mélangés à des musiciens belges et internationaux font de cet ensemble une source vive d'ambiances, de timbres et d'élans riches de tout: théâtralité, volupté etc. Mention spéciale pour la soprano Mariana Flores, voix haute en couleurs dans le sens quasi pictural du terme. On aime également beaucoup le côté très centré et doux du jeu de l'organiste Lionel Desmeules chez Böhm. Aussi remarque-t-on avec ravissement la dimension opératique des interventions chaleureuses de la basse Christian Immler. Pour ce qui est des capacités de l'entier chœur, profitez chez Jean-Sébastien Bach du 'Thr seid die Gesegneten des Herrn!' final de sa cantate nuptiale BWV 196. Johann Christoph Bach, quant à lui, écrit une pièce profane, certainement pour son propre mariage, d'une austérité peu attendue que les instrumentistes solistes viennent appuyer avec une belle nostalgie, prégnante: archets legato, intervalles mineur installés. L'œuvre qui clôt le disque est non-intégrale mais intégralement drôle. Cette bonne blague de Jean-Sébastien Bach réside en des calembours et parodies de formes musicales, où les voix s'entremêlent pour parfois jeter des onomatopées intempestives avec rires sonores, un peu plus tard. Evidemment, l'interprétation investie du quatuor de chanteurs accentue le 'n'importe quoi' (traduction française possible de Quodlibet) avec malice.
(P.G.)
​
​



