1 janvier 2019
Projets

Sanguineus & Melancolicus

C’est sous ce titre étrange que Carl Philip Emanuel Bach écrit en 1749 une sonate en trio. En 1751, cette sonate est publiée et, entre ces deux dates, le 28 juillet 1750 son père, Johann Sebastian décède. Coïncidence certainement, mais il faut bien reconnaître que cette œuvre dont la genèse entoure la mort du Cantor de Leipzig marque aussi une date importante dans l’évolution du genre de la sonate. C’est ce chemin qui est évoqué dans ce programme constitué de partitions qui ont fait partie de sa bibliothèque : les maîtres italiens et allemands s’y côtoient autour des figures tutélaires que sont Corelli, Legrenzi et Reinken. Ces œuvres sont les modèles de ses propres compositions ou de celles des ses disciples au rang desquels nous pouvons compter Johann Gottlieb Goldberg. La sonate Sanguineus & Melancolicus de Carl Philip Emanuel Bach se situe exactement à cette période où de nombreux musiciens se posent des questions sur le discours de la musique instrumentale et ses véritables fonctions, la question étant : « Que veut dire la musique instrumentale ? ». La réponse originale du Bach de Berlin  apparaît ici avec cette sonate dans laquelle les deux violons se disputent le discours musical ; l’un est le Sanguin, l’autre le Mélancolique et toute la sonate est construite comme un petit opéra dans lequel on suit, pas à pas, la discorde et enfin la réconciliation des deux protagonistes.


Effectif

2 violons, violoncelle, clavecin