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Capriccio stravagante
RICERCAR RIC 285


      
Carlo FARINA
Capriccio stravagante

Stéphanie de FAILLY, violon I
Girolamo BOTTIGLIERI, violon II et alto
Andrea De CARLO, basse de viole I
Hernàn CUADRADO, basse de viole II
Jérôme LEJEUNE, basse de viole III
Eric MATHOT, contrebasse
Thomas DUNFORD, théorbe, guitare
Leonardo GARCÍA-ALARCÓN, orgue, virginal et direction
1. Pavana III a 4 (Libro IV) 6’10 violon I, alto, basse de viole II,
basse continue (basse de viole I, théorbe , orgue)

2. Sonata detta la Desperata a 2 (Libro V) 9’54
violon I, basse continue (basse de viole I, théorbe, orgue)

3. Canzon detta la Marina a 2 (Libro I) 6’28
basse de viole I, basse continue (théorbe, orgue)

4. Sonata detta la Moretta a 3 (Libro I) 12’24
violons I & II, basse continue (basse de viole I, théorbe, orgue)

5. Balletto a 3 (Libro I) 2’23

6. Passamezzo a 3 (Libro IV) 1’57
basses de viole I & II , basse continue (basse de viole III , théorbe, orgue)

7. Sonata detta la Farina a 2 (Libro I) 7’40
violon I, basse continue (basse de viole I, théorbe, orgue)

8. Capriccio stravagante a 4 (Libro II, 1626) 18’11
violon I, alto, basse de viole II ,
basse continue (basse de viole I, théorbe / guitare, orgue / virginal)

(Allegro), La lira, Il fiferino, lira variata,
(Allegro), Qui si batte con il legno del archetto,
(Allegro), Presto, Adagio, La trombetta,
La clarino, La gallina, Il gallo, Presto,
Il flautino pian piano, Forte, Presto, Adagio,
Il tremulanto, (Allegro), Fifferino della soldatesca,
(Allegro), Il gatto, (Adagio), (Presto), Il cane,
(Adagio), (Allegro), Presto, (Adagio), La chitarra spagniola,
(Adagio), Sempre più adagio

Carlo Farina, Sonata la Desperata (extrait) 
Carlo Farina, Capriccio stravagante (extrait) 

01.12.2009
Classique info
Laurent Marty
Farina, un univers révélé

En 1968, Nikolaus Harnoncourt révélait, dans un disque devenu légendaire, le Capriccio stravagante de Farina. On découvrait alors le monde inconnu, étonnant, coloré et hyper expressif des premiers virtuoses de ce tout nouvel instrument, le violon. Onze ans plus tard, Reinhard Goebel prenait sa suite, avec une version virtuose et très opératique de la Sonata La Desperata. Et puis, plus rien, ou du moins pas grand-chose.
Il aura fallu donc attendre plus de quarante ans après sa résurrection, pour voir enfin arriver le premier disque entièrement dévolu à Carlo Farina, grâce à la curiosité des musiciens de l’ensemble Clematis.
Compositeur à l’existence brève, mal connue, mais assurément très voyageuse, Carlo Farina, né à une date incertaine, aurait été l’élève de Rossi et Buonamente à Mantoue, où il aurait peut-être joué pour Monteverdi. Ce dont on est sûr, en tout cas, c’est qu’il se fait connaître à Dresde comme Konzertmeister d’Heinrich Schütz, et comme auteur de cinq Livres de sonates qui en font l’un des premiers grands compositeurs pour violon. La suite se perd à nouveau dans le brouillard : Cologne, peut-être Bonn, un retour provisoire en Italie et, après un passage à Dantzig, il meurt finalement à Vienne - emporté par la peste disent certains.
Révéler le violon comme instrument de premier plan c’est, à cette époque envahie d’opéra, montrer ses capacités d’imitation, non seulement de la voix humaine mais de tous les sons de la nature - du miaulement du chat à l’aboiement du chien – et, bien sûr, des passions humaines. Pourtant, Farina ne se contente pas de cela et ce disque nous révèle un auteur au style plus introspectif, parfois nostalgique. Opératique, sans doute, mais sans oublier que l’opéra de ce temps est celui, sensible et intériorisé de Monteverdi.
Le choix de confier la basse continue à l’orgue et au virginal, la présence de basses de viole, la couleur du violon de Stéphanie de Failly, la prise de son très chaleureuse, tout concourt à donner à cet enregistrement une teinte mélancolique et intimiste. On retrouve alors dans cette musique des accents rappelant parfois celle de ses contemporains anglais, comme John Jenkins. Confrontée à la version de Goebel, la sonate La Desperata paraît ici moins théâtrale, mais aussi plus fluide, avec un violon plus proche de la voix humaine. Le Capriccio stravagante plein d’humour donne un sérieux coup de vieux à l’enregistrement d’Harnoncourt, bien prudent en comparaison.
Une belle heure de musique à la douce nostalgie très prenante, un répertoire entièrement original très bien interprété. Une vraie belle découverte.



08.08.2009
L' Echo, 8 août 2009
St. R.
De Carlo Farina, né à Mantoue probablement aux alentours de 1600, l'histoire musicale a surtout retenu le "Capriccio Stravagante", redécouvert fin des années 1960 par Nikolaus Harnoncourt. Cette pièce étonnante multiplie les imitations de cris d'animaux et d'instruments. Elle ne résume cependant que très partiellement le talent de ce musicien compositeur, influencé comme tant d'autres par Claudio Monteverdi. L'on saura donc gré à la violoniste belge Stéphanie dé Failly et à son ensemble Clematis, dirigé ici par Leonardo Garcia-Alarcon, de nous offrir, en plus du «Stravagante», un florilège de pièces représentatives de l'art de Farina, écrites lors de son séjour à la cour de Dresde. Pavane, sonate, canzon, balletto ,passamezo:1a diversité des formes traduit celle des caractères, mélancoliques, graves, enjoués - voulus par un compositeur qui a su allier' à]a fois virtuosité et intériorité, mais dont une bonne part de l’œuvre a hélàs disparu. Ce disque séduit d’autant plus qu’il évite les effets théâtraux au profit d’une interprétation brillante mais sans tape-à-l’oeil, dosant avec tact et sobriété les atmosphères propres à chaque pièce. Car il y a chez Farina une dualité permanente entre le rire et le désespoir, entre la farce lumineuse et la mélancolie rêveuse. Entre les deux extrêmes, c'est à toute une palette d'émotions que nous invitent entre autres le violon baroque de Stéphanie de Failly, l’alto de Girolamo Bottigleri, le théorbe de Thomas Dunford... Le climat général, que certains trouveront peut-être un peu trop mélancolique, traduit en tout cas une très belle cohérence dans l'approche d'un compositeur qui méritait nettement mieux qu’un quasi oubli.


25.07.2009
Le Soir
Serge Martin
Il y a toujours un mélange de l’esprit de finesse et d’un appétit de belles saveurs dans le travail de Stéphanie de Failly, Leonardo Garcia-Alarcon et l’ensemble Clematis. Des qualités qu’ils mettent au service de Carlo Farina, un Mantouan qui a recueilli chez Monteverdi le goût de l’expressivité. Le tout culminant dans un imposant Capriccio Stravagante.


01.07.2009
Classica Juillet 2009
Philippe Venturini
« Un disque consacré au violoniste Farina ne pouvait pas s'envisager sans cette pièce emblématique » prévient Jérôme Lejeune, directeur artistique de l'enregistrement et du label Ricercar, accessoirement troisième gambiste au sein de l'Ensemble Clematis. Difficile en effet de proposer un disque Farina sans son oeuvre la plus célèbre, ce Capriccio stravagante qui pendant plus d'un quart d'heure s'évertue à imiter avec de simples instruments à cordes le sifflement de la flûte ou le miaulement du chat. Si les interprètes réussissent avec panache et élégance ce numéro de transformisme musical, leur projet Farina ne se réduit pas à une succession d'acrobaties. L'artiste fut certes un des premiers à oser les pirouettes avec son violon et à les acclimater à la cour de Dresde où il exerça ses talents sous la direction de Schütz. Mais ce natif de Mantoue, a dû auparavant croiser Monteverdi et aurait même pu, son état civil demeurant incertain, participer à la création de L'Orfeo. Cette hypothèse autorise alors les interprètes à entendre dans le croisement des archets de Farina l'écho des polyphonies vocales de Monteverdi. Aussi la sélection des pièces comme leur interprétation dévoilent-elles un portrait particulièrement expressif du compositeur, sujet à l'inquiétude (Sonata detta la Desperata) et à la mélancolie (Sonata detta la Farina). Défendue par des avocats aussi convaincants que ceux de l'Ensemble Clematis, cette idée s'impose sans peine. Stéphanie de Failly fait entendre un violon baroque des plus lyriques et chaque musicien rivalise de goût pour illuminer la polyphonie (Pavana III) sans perdre l' équilibre des lignes (Sonate detta la Moretta). L'oeuvre de Farina ne se réduit effectivement pas à son Capriccio Stravagante.


01.07.2009
Diapason, Juillet 2009
Antoine Pequeur
Etait-il nécessaire de consacrer un album entier à Carlo Farina, auteur de cinq publications dont est proposée ici une habile sélection? Oui, pour découvrir, au-delà du redoutable et fameux Capriccio stravagante et de ses imitations d'instruments traditionnels et d'animaux, un tout autre visage du compositeur-violoniste de la cour de Dresde. Ses sonates attentives à l'expression la plus délicate du discours, à mi chemin entre les esthétiques italienne et germanique, mettent en valeur le violon non seulement pour sa virtuosité mais surtout pour la richesse émotionnelle de son grain (en particulier la Sonata detta la Farina). L'enregistrement propose également des pièces pour basses de viole, qui charment autant par leur galbe mélodique que par leur économie de moyens. L'ensemble belge Clematis ne cherche pas la séduction facile. Son discours ne cède jamais aux tics de phrasé de plus en plus courants dans ce type de répertoire; il s'épanouit sans recours à l'outrance, à travers un bon équilibre des parties et un vrai sens de la respiration. Le violon au timbre pur de Stéphanie de Failly se mêle à l'orgue coloré (et au virginal) de Leonardo Garcia-Alarcon. A leurs côtés, signalons le théorbe et la guitare joliment inspirés de Thomas Dunford, ainsi que les trois basses de viole, bien charpentées.


 
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