Presse

Nicolas BLANMONT, La LIBRE BELGIQUE

La Chaconne de Tomaso Antonio Vitali

La chaconne de Tomaso Antonio Vitali (1663-1745) est un classique dans le répertoire des violonistes, mais la version le plus souvent jouée est une version transformée en 1860 par le violoniste Ferdinand David, virtuose romantique et créateur du concerto en mi mineur de Mendelssohn. Au point qu’on avait fini par considérer cette chaconne comme un faux. Retournant au manuscrit original conservé à Dresde, Stéphanie de Failly, accompagnée de son ensemble Clematis, rend avec virtuosité et vérité son lustre original à la composition du Vitalino, le petit Vitali : c’est que Tomaso était le fils d’un autre violoniste virtuose de l’époque baroque, Giovanni Battista. Le disque comprend d’ailleurs nombre de pièces du père et du fils, qui complètent joliment le programme.

Sophie ROUGHOL, DIAPASON

Ah ! la longue Chaconne de Vitali, panoplie redoutable pour faire chavirer le public sous son lyrisme alangui ! Stéphanie de Failly et Clematis sont venus relire à la lumière des usages baroques cette grande sœur de l’Adagio d’Albinoni dont les romantiques avaient fait leur miel avec l’édition de Ferdinand David vers 1860. […] On est d’abord troublé en retrouvant « la » chaconne où Heifetz, Oistrakh, Milstein, Szering ont alissé leur noble empreinte. Stéphanie de Faily prend d’emblée ses distances, par un ton très majestueux et l’accompagnement sonore d’un grand orgue qui profitera de sa palette pour baliser le long chemin

David BARKER, MUSIC WEB

RECORDING OF THE MONTH

Giovanni and Tomaso Vitali were father and son violinist composers from Bologna who made their living in the court of Modena. Their toehold on the Baroque repertoire is almost exclusively due to the Chaconne of Tomaso which opens this recording. It features on 29 of the 33 recordings of works by Tomaso (according to Arkiv Music), and has been recorded by such luminaries as Jascha Heifetz, David Oistrakh, Arthur Grumiaux and Zino Francescatti.  […] Recently, I reviewed a recording of sonatas by Antonio Bertali, a contemporary of the Vitalis. Reluctantly, I had to comment on the occasional problems of intonation that were evident. There is absolutely no such problem here. Every performer is totally secure. There is no harshness in the bowings, and the tempos are well judged, and never rushed, a failing of some historically informed Baroque performers. 

[…]. Stéphanie de Failly has contributed her personal thoughts about the connection between violinist and historic violin: she plays a 1620 Giovanni Paolo Maggini instrument.  This is an outstanding release in all respects. It will be in my Recordings of the Year come December, and if I hear better this year, I will count myself very lucky indeed.

NICOLAS BLANMONT, LA LIBRE BELGIQUE

La chaconne de Tomaso Antonio Vitali (1663-1745) est un classique dans le répertoire des violonistes, mais la version le plus souvent jouée est une version transformée en 1860 par le violoniste Ferdinand David, virtuose romantique et créateur du concerto en mi mineur de Mendelssohn. Au point qu’on avait fini par considérer cette chaconne comme un faux. Retournant au manuscrit original conservé à Dresde, Stéphanie de Failly, accompagnée de son ensemble Clematis, rend avec virtuosité et vérité son lustre original à la composition du Vitalino, le petit Vitali : c’est que Tomaso était le fils d’un autre violoniste virtuose de l’époque baroque, Giovanni Battista. Le disque comprend d’ailleurs nombre de pièces du père et du fils, qui complètent joliment le programme.

Jérémie BIGORIE, CLASSICA

PASSEUR DE MUSIQUES

Stéphanie de Failly rend à la musique des Vitali une lumière nouvelle, reliant les compositions de Tomaso Antonio à celle de son père Giovanni Battista.

 

Passage : tel pourrait être l’intitulé de ce disque : passage du flambeau, entre le père et le fils ; passage de la fin du baroque au début du classicisme ; passage enfin de la fameuse Chaconne de Tomaso Antonio Vitali (1663-1745) dans son jus original, tel que le manuscrit de Dresde nous le donne à entendre. Mettant de côté l’avatar romantique dû à l’édition de Ferdinand David (1860) sur laquelle les violonistes peu scrupuleux portent leur dévolu, Stéphanie de Failly (équipée d’un Maggini de 1620) fait le pari de l’authenticité, explorant par la même occasion des chemins de traverse. Qu’on ne s’y trompe pas : point de petit son ici. Au contraire, le dialogue avec un orgue de tribune invite à la recherche d’une texture riche, bien que la violoniste, fine musicienne avant tout, privilégie les phrasés amples, sans chercher à appuyer les rencontres harmoniques dissonantes dont la partition regorge… Stéphanie de Failly, jamais ostentatoire, et l’Ensemble Clematis, emprunts d’une joyeuse folie, signent là leur meilleur disque.

Jean Christophe Pucek, Passée des Arts

Je l'écrivais récemment, Clematis et sa violoniste-directrice, Stéphanie de Failly livrent, disque après disque, des interprétations de plus en plus convaincantes, tant sur le plan technique qu'expressif, et cet enregistrement dédié aux Vitali père et fils me semble couronner de la plus belle des façons une première étape importante de leur évolution. La première impression qui se dégage de l'écoute de cette réalisation est l'envie que les musiciens ont de rendre justice à ces musiques et le bonheur très communicatif qu'ils ont à le faire. Pas un instant, y compris dans les pièces qui pourraient sembler plus anecdotiques, on ne constate de baisse de tension ou de désinvolture ; toutes sont traitées sur un pied d'égalité avec la vaste Chaconne, dont on a compris qu'elle est la vedette de ce disque et bénéficie d'une interprétation de toute beauté, concentrée, virtuose, à la fois pleine de chaleur et de maîtrise, et d'une grande intelligence de conception, en particulier par le choix d'un orgue de tribune touché de façon experte par Lionel Desmeules. Tout au long de cette anthologie, les musiciens de Clematis rivalisent d'inventivité pour varier les climats et offrir au violon l'écrin le mieux à même de mettre en valeur ses prouesses. Aussi à l'aise dans les diminutions les plus périlleuses que dans les textures les plus diaphanes, les atmosphères qu'ils trouvent sont toujours d'une grande justesse, avec juste un très léger bémol pour une propension à céder, heureusement de façon extrêmement ponctuelle, à la mode des percussions un rien intrusives, et d'une belle finesse, sans que leurs miroitements manquent pour autant de corps. C'est d'ailleurs cette même sensation de présence sensuelle qui irradie du jeu de Stéphanie de Failly qui s'exprime, dans le livret, sur le rapport fusionnel qu'elle entretient avec son Maggini de 1620 ; cette union éclate ici à chaque caresse d'un archet volubile et solaire délivrant en permanence une palette d'émotions contrastées et frémissantes qui touche le cœur, que le ton soit brillant comme dans les pièces descriptives ou dansantes, ou plus intérieur, comme dans certains passages des sonates ou dans la Chaconne. Ce récital Vitali est incontestablement de la splendide ouvrage ; mené avec autant de conviction que de discernement et une sensibilité de tous les instants, il emporte l'adhésion sans guère de réserves.