Presse

Carlo VITALI, CLASSIC VOICE

... Per uno che volera l’armonia serva della parola, Monteverdi se la cava bebe pure nello strumentale, anzi ve lo integra con sicuro tocco drammaturgico: lo si vede, oltre che nel „ritornelli“ e „sinfonie“ d’all’Orfeo , nel Ballo del Ingrate e nel madrigale a tenore solo „Tempro la cetra“. Quandtu il suo genio sia maturato a contatto di sinfonie, balletti e madrigali del collega Rossi (o viceversa) è interrogativo ghiotto che qui troverà molte occasione di raffronto. Altri punti di forza: il suono opulento et riccamente differenziato dell’ensemble, nonché la partecipazione straordinaria del giovane tenore americano Zahary Wilder. Il suo canto, ornato di trillanti frastagli alla Caccini e accenti affettuosi ma non affettati, gli fa perdonare qualche fallo nella dizione.“

Bernard Schreuders, FORUM OPERA

Stéphanie de Failly sait également alentir juste ce qu’il faut pour magnifier les dissonances du Ballo delle Ingrate (ballo) ou déployer l’altière et majestueuse beauté de la ritournelle de Tempro la cetra dont Zachary Wilder exalte la force incantatoire.

Clematis en livre une lecture éblouissante, techniquement très sûre et dont l’efflorescence ornementale n’entrave jamais la fluidité du discours.

Albéric Lagier, MUSIKZEN

Le 450ème anniversaire de la naissance de Monteverdi est l’occasion de scruter le compositeur crémonais sous tous les angles ici Le Monteverdi « vert » tout juste 23 ans quand il débarque comme violiste¨ à la Cour des Gonzague déjà deux recueils de madrigaux sous le bras et quelques autres œuvres sacrées ou profanes dans la poche. A Mantoue l’effervescence musicale est intense avec Giaches de Wert qui officie là bas depuis 25ans ou Salomone Rossi de trois ans le cadet de Claudio mais arrivé à la Cour des Gonzague quelques années avant lui.

L’Ensemble Clematis donne vie et éclat à ces partitions tandis que le tenor ZacharyWilder issu des rangs des Arts Florissants soutient avec talent l’équilibre recherché entre musique et parole. Les premiers opéras sont pour très bientôt et le programme de ce CD en rend bien les prémisses ainsi qu’on peut en juger aux extraits de l’Orfeo.

Denis MORRIER, DIAPASON

Le projet est aussi malin que sa réalisation est charmeuse. Clematis installe les cinq parties de cordes sur un continuo abondant et coloré : ensemble idéal pour la plupart des sinfonie et ritornelli qui émaillent les chefs-d’œuvre montéverdiens, mais aussi les sonates, sinfonie e gagliarde empruntées au premier opus imprimé de Rossi. L’interprétation de ces pages fondatrices du répertoire pour violon est brillante, pleine de verve et d’invention. L’ornementation foisonne sans jamais renoncer à sa précision

Reinmar EMANS, FONO FORUM

Es ist eine gute Idee, Monteverdi als Instrumentalkomponisten in den Fokus zu stellen, auch wenn er keine eigenständigen Instrumentalwerke hinterlassen hat. Immerhin war er in Mantua als Streicher angestellt und wusste zahlreiche instrumentale Sätze sehr sprechend in unterschiedlichen Kontexten einzusetzen, was hier in einer Folge aus „Orfeo“, „Tempro la Cetra“ und „Ballo delle Ingrate“ vorgestellt wird. Das eine Reihe von Komponisten Salomone Rossis und einige Instrumentalstücke weiterer Zeitgenossen flankierend beigegeben sind, erlaubt eine vergleichende Einschätzung. Clematis Zugang ist zwar mitunter arg forsch, doch finden ihre Mitglieder zugleich auch wunderbar entspannte Annäherungen

TPR, CRESCENDO

Eine faszinierende Eindruck dieser frühbarocken Farbenpracht gibt das belgische Ensemble Clematis und der amerikanische Tenor Zachary Wilder, Mit dem Programm unter anderem Sonaten von Salomone Rossi, einem Zeitgenossen Monteverdis, der wir er am Hof zu Mantua wirkte.

CLASSICA, CLASSICA

Retrouvons MONTEVERDI en bonne compagnie, celle de Salomone Rossi. L’Ensemble Clematis mené par Stéphanie de Failly nous emmène en effet à la cour de Mantoue au son des musiques instrumentales (Balli et Sonate). L’angle d’approche original n’a d’égal que la qualité des instrumentistes et de leur sens du rebond. 

NICOLAS BLANMONT, LA LIBRE BELGIQUE

Ce disque reconstitue un concert de musique essentiellement instrumentale tel qu’il aurait pu avoir lieu à la Cour de Mantoue à la fin du XVIe siècle. Il y a bien sûr de la musique de Claudio Monteverdi, qu’on sait natif de Crémone, mais qui fut engagé à Mantoue comme joueur de « viuola » avant d’y devenir maître de chapelle – et bien sût d’y créer son « Orfeo » (on en trouvera ici une courte suite agglomérant des passages instrumentaux). Il y a aussi des œuvres de Salomone Rossi, célèbre violoniste de la Cour de Mantoue. Il y en a même encore quelques autres, comme Lodovico Viadana , Biagio Marini, Giuseppino del Bialo ou Gasparo Zanetti. L’ensemble Clematis évolue dans ce programme original et finement construit avec aisance et naturel, et leur interprétation est une merveille de fluidité et de joie.

Jean-Christophe PUCEK, WUNDERKAMMERN

S’il met en avant, pour de bien compréhensibles raisons d’attractivité, le nom de Monteverdi, le disque de Clematis constitue avant tout un vibrant plaidoyer en faveur de l’inventivité de Rossi qui trouve ici des interprètes prêts à mettre à son service le meilleur de leur talent. Pensée avec soin afin d’offrir un reflet aussi représentatif que possible de la musique instrumentale telle qu’on pouvait l’entendre à Mantoue durant le premier quart du XVIIe siècle (quelques-unes des pièces

débordent néanmoins de ce strict cadre spatio-temporel), cette séduisante anthologie conjugue de belle façon variété et engagement, grâce à des musiciens très sûrs de leurs moyens qui savent faire rimer sens de la construction et liberté, virtuosité soliste et écoute mutuelle, cohérence de l’approche et sensualité. Le collectif à l’enthousiasme et à la complicité perceptibles mené par le brillant archet de Stéphanie de Failly s’y entend pour exalter les nuances et les couleurs de ces

pièces et pour souligner la théâtralité des œuvres vocales qui ménagent des ponctuations bienvenues. Pour ces dernières, Clematis a invité le ténor Zachary Wilder dont la voix épanouie, le tempérament généreux et souriant sans jamais devenir ni emphatique, ni super�ciel s’accorde parfaitement au projet de l’ensemble ; ses délicieuses incarnations de Vi ricorda o bosch’ombrosi et de Fuggi, fuggi da questo cielo le désignent comme un interprète de choix pour le genre, plus difficile à réussir qu’il y paraît, de la canzonetta. […] Ce fort joli disque à la fois ensoleillé et

sensible se déguste avec gourmandise et offre un intéressant contrepoint à d’autres réalisations plus convenues en cette année de commémoration de la mémoire du grand Claudio.

Anja-Rosa Thöming, Frankfurter Allgemeine Zeitung

Il est logique de fêter un anniversaire avec des danses. « Balli & Sonate » est le titre d’un nouveau disque contenant des pièces instrumentales de Monteverdi et du violoniste Salomone Rossi qui était son cadet de quelques années. Il reflète l’ambiance de la cour de Mantoue. Au centre, on trouve le célèbre « Ballo delle Ingrate » de Monteverdi ainsi que les nombreux mouvements de ritournelles dansants de « L’Orfeo ». A cela contraste le ton léger et rafraîchissant du Ballo de Mantoue et des joyeuses variations virtuoses sur la Bergamasca, un modèle de basse en ostinato. Le fabuleux ensemble « Clematis » est dirigé par la violoniste baroque belge Stéphanie de Failly ; c’est à des musiciens comme elle que nous devons le fait de vivre des émotions humaines par une musique instrumentale qui, non seulement soutient le chant, mais en y participant le reflète de toutes sortes de manières et applique ainsi exactement les intentions de Monteverdi.

Anja-Rosa THÖMING, FRANKFURTER ALLGEMEINE ZEITUNG

 

Tänzen zu feiern. „Balli & Sonate“ heißt eine neue Platte mit Instrumentalstücken von Monteverdi und dem nur wenig jüngeren Geiger Salomone Rossi. Sie spiegelt das höfische Flair Mantuas wider. ImZentrum stehen der berühmte „Ballo delle Ingrate“ von Monteverdi sowie die vielen tänzerischen Ritornellsätze aus „Orfeo“. Ein erfrischend leichter Ton kommt durch mantuanische Lieder herein und durch fröhlich-virtuose Variationen über die Bergamasca, einem ostinaten Bassmodell. Das fabelhafte Ensemble „Clematis“ wird geleitet von der belgischen Barockgeigerin Stéphanie de Failly. Musikern wie ihr verdanken wir das Erleben menschlicher Affekte durch eine Instrumentalmusik, die den Gesang nicht nur stützt, sondern anteilnehmend vielfach spiegelt, und damit genau Monteverdis Absichten umsetzt

Serge Martin, LE SOIR

… On retrouve cet esprit de fête dans les « Balli e sonate » de Monteverdi et Salomone Rossi, un violoniste de la cour de Mantoue. Stéphanie de Failly et son ensemble Clematis regroupent des pièces instrumentales incluses dans les grandes pièces vocales de l’époque. Ils explicitent ainsi leur superbe dynamique qui côtoyait, trop discrètement, les grands fastes vocaux. Le plaisir est donc entier.

Wolfgang SCHIKER, BR KLASSIK

Zum 450. Geburtstag von Claudio Monteverdi nimmt das Ensemble Clematis seine Instrumentalmusik in den Blick und stellt sie neben die seines Zeitgenossen Salomone Rossi. Monteverdi und Rossi – das Zweigestirn am Hof von Mantua.

In diesem Jahr feiert die Musikwelt den 450. Geburtstag von Claudio Monteverdi. Es wird von seinen großen Verdiensten um die Oper die Rede sein, von seinen unsterblichen Madrigalen, in denen er eine neue Kompositionspraxis formulierte, eine Klangsprache von ungekannter Eindringlichkeit entwickelte. Aber die Instrumentalmusik? Hat Monteverdi überhaupt nennenswerte Instrumentalmusik geschrieben? Ja, sagt das Ensemble Clematis, und stellt sie auf seiner neuen CD vor, zusammen mit Werken von anderen Komponisten, die mit Monteverdi am Hof von Mantua tätig waren.

Ergreifend

Monteverdi komponierte zwar kaum eigenständige Instrumentalmusik, doch es wäre falsch zu glauben, sie sei ihm nicht wichtig gewesen. In seinem "Orfeo" sind instrumentale Sätze zwischen Rezitativen, Arien und Ensembleszenen omnipräsent, sie markieren entscheidende Angelpunkte des Werks. Etwa das berühmte Ritornell, das als musikalisch-dramatisches Scharnier die Akte miteinander verknüpft; oder die Sinfonia in g-Moll mit ihrer ergreifend-schmerzlichen Chromatik, die erklingt, nachdem Orpheus vom Tod seiner geliebten Eurydike erfahren hat. Starr vor Entsetzen verstummt der Sänger. Nur die Instrumente sind noch in der Lage, das Leid auszudrücken, das nicht mehr in Worte zu fassen ist.

Stilübergreifend

Freilich verzichtet das Ensemble Clematis auf seiner CD nicht komplett auf Gesang, denn Monteverdis Originalität besteht ja gerade in der wegweisenden Verzahnung von vokalem und instrumentalem Stil, etwa in dem Madrigal "Tempro la cetra", das nach dem Gesang in einen Ballo mündet - ein instrumentales Tanzstück. Das französische Ensemble Clematis und der Tenor Zachary Wilder entfalten ein buntes und lebendiges Panorama vom Musikleben am Hof der Gonzaga in Mantua: mit dem großartigen Zweigestirn Claudio Monteverdi und Salomone Rossi, mit tänzerischen Madrigalen und ariosen Sonaten - und einer berühmten Renaissance-Melodie. Sie trug damals den Namen der Stadt, "La Mantovana" - noch heute kennt man sie, denn zu ihrem wogenden Auf und Ab fließt sanft Bedřich Smetanas "Moldau" dahin.

Benjamin Ballifh, CLASSIC NEWS

Qui était le jeune Claudio Monteverdi, violiste talentueux venant de sa Crémone natale (né en 1570), quand il rejoint la Cour ducale de Mantoue ? Alors que règnent d’autres instrumentistes compositeurs dont le violoniste Salomone Rossi (de trois ans son cadet, né en 1570), le Crémonais âgé de 23 ans lors de son recutement à la cour ducale (1590) joue de viola « alla bastarda » ou « vioula » ; ainsi paraît-il dans un tableau de cette période (cf. illustration ci dessous d’un musicien de Crémone avec une viole de gambe). Déjà auteur des deux premiers Livres de Madrigaux (I et II, respectivement de 1587 et donc 1590 quand il arrive à Mantoue), Monteverdi s’impose alors immédiatement par une opulence et un souffle inédit qui restitue tout son relief, éloquence et sensualité à la langue mise en musique ; ainsi s’affirme dans la continuité des oeuvres préalables de Rossi, l’invocation linguistique de Tempro la cetra (VIIè Livre de madrigaux, 1619, édité alors que le compositeur mûr est maître de chapelle à San Marco de Venise), d’une puissance hallucinée inouïe alors. Là se déploie la lyre amoureuse en l’honneur de Mars ; là les mots enivrés frappent comme des armes, et les cordes finales, également incisives et d’une souplesse qui captivent, s’imposent désormais comme le chant d’Orphée à Pluton (et Proserpine). Et l’on se rend compte à tel point l’écriture de Monteverdi était moderne, mais aussi tout entière comme Mozart, dédiée à l’amour. Dans ce premier jalon montéverdien, toute l’invention et le souci de la langue ciblent l’acuité et la puissance de l’amour contre la barbare énergie de la guerre. A Mantoue, doué pour le drame et les brûlures poétiques, Monteverdi ne tarde pas à succéder au flamand Giaches de Wert, mort en 1596, comme compositeur de la chapelle ducale de Vincent de Gonzague. La Cour mantouane est alors l’une des plus florissantes (même si le patron paie mal ses serviteurs : Monteverdi qui ne cesse de s’en plaindre, finira par partir… à Venise, exportant dans la Cité sérénissime, sa conception embrasée, sensuelle du drame lyrique). En comparant l’écriture de Monteverdi avec ses confrères à Mantoue, dont le juif Salomone Rossi, l’éloquence suave voire érotique du Crémonais s’affirme comme nulle autre. Un constat qui rejoint celui manifeste à l’écoute de ses Madrigaux, dès le Premier Livre.

La lyre montéverdienne révélée

Chant de l’âme, corps en extase

Langueur, extase… certes développée et étirée par Rossi, mais avec un nerf et un sens inné des respirations de la langue, plus justes chez Monteverdi : Il ballo delle Ingrate (créé en 1608, édité dans les Madrigaux guerriers et amoureux, 1638), stridences à l’appui (accents expressifs) animent des statues inertes pour que s’affirme l’élan de la vie, cette pulsion première, vitale qui est le sujet central de toute l’écriture montéverdienne. Une claire conscience du pouvoir d’un consort de cordes seules que l’épisode Marinien qui suit « Sonate sopra Fuggi, fuggi dolente core » de 1655, semble prolonger avec une finesse poétique, allusive, subtile, évanescente. Monteverdi a transmis sa poétique amoureuse.

Même dans son archaïsme qui ouvre le XVIIè et reste très ancré dans la Renaissance, la sobre éloquence d’Orfeo, dont les extraits concluent le programme, montre combien en 1607, point d’accomplissement alors, Monteverdi, inventeur de l’opéra, synthétise toutes les tendances mantouanes, en tisse et en déduit une somme recolorée par sa propre sensibilité : jamais les intentions du poème n’ont trouvé dans les inflexions de la musique, une plus juste et exacte expression : qu’il s’agisse des claires séquences madrigalesques et pastorales (Ritornelli et arie del bosco), propres au milieu sylvestre des amours de bergers enivrés, ou – ébauche d’un changement de conscience et de climats émotionnels singuliers alors, dans l’articulation des airs plus sombres et amples, où à partir de la Sinfonia chromatica, les instruments se font miroir de la lyre tragique d’un poète chanteur foncièrement conquérant par la seule incantation de sa parole. Le passage du verbe individuel s’est pleinement réalisé grâce au seul Monteverdi, véritable révolutionnaire baroque. Dès lors, Claudio apporte une nouvelle conception du chant instrumental : une profondeur inédite qui se met à l’écoute des passions de l’âme. Voilà ce qu’éclaire ce programme remarquablement conçu, aux apports multiples, d’autant plus opportuns en cette année de célébrations Monteverdi 2017. Saluons le travail rythmique et sonore de Clematis, auquel répond l’engagement du timbre calibré du jeune ténor Zacahry Wilder, ex lauréat du jardin des Voix de William Christie. Son souci de la langue rend hommage à la haute qualité de la musique montéverdienne, à son essence réformatrice comme sa modernité linguistique. Voici donc le premier recueil discographique réellement convaincant parmi les nouveautés 2017, en liaison avec l’anniversaire Monteverdi de cette année. CLIC de CLASSIQUENEWS d’avril 2017.